Nicolas Dupont-Aignan kritizira CETA, ali ne ovlada dosjeom

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Predsjednik Debout Francea u srijedu je kritizirao sporazum o slobodnoj trgovini između Europe i Kanade, ali su argumenti često bili pogrešni. Dešifriranje.

Samuel Laurent i Adrien Sénécat Objavljeno jučer u 18h05, ažurirano jučer na 18h24

vrijeme

Nicolas Dupont-Aignan borio se za obranu svog protivljenja CETA-i, u srijedu 6 ožujka.
Nicolas Dupont-Aignan borio se za obranu svog protivljenja CETA-i, u srijedu 6 ožujka. STEPHANE MAHE / REUTERS

Nicolas Dupont-Aignan uspio je novom medijskom udaru napadajući novinare u emisiji "C to you" u Francuskoj 5, srijeda 6 ožujak, Počevši od svog intervjuera dana, Patricka Cohena, kojeg je opisao kao "Gospodin Macron pumpe za poliranje", Voditeljica emisije, Anne-Elisabeth Lemoine, zatim ju je zamolila da napusti set.

Ovaj je slijed široko komentiran na društvenim mrežama te je također generirao mnoge članke u tisku. Ono što je manje primijećeno je da je ton postavljen zbog razmjene između Patricka Cohena i Nicolasa Dupont-Aignana o sporazumu o slobodnoj trgovini između Europske unije i Kanade. , Političar i novinar optužili su jedni druge za laganje, kako bi izazvali ovaj "sukob". A provjera je napravljena, a bivši predsjednički kandidat je nekoliko puta dogovorio činjenice. Objašnjenja.

1. Kratki argumenti o prvim učincima CETA-e

Što je rekao
"Prva bilanca [CETA je] vrlo loše. Francuski zemljoradnik počinio je samoubojstvo svaka dva dana "rekao je Nicolas Dupont-Aignan. Novinar Patrick Cohen tada je odgovorio da bi sporazum, naprotiv, obogatio sektor mlijeka i da su proizvođači voća i oraha zahvaljujući njemu povećali izvoz 29%. "To je pogrešno! ", „Propaganda! ", „Izvanredno! ", zatim je osvojio vođu Debout France.

ZAŠTO IMA TORTU

CETA je stupila na snagu djelomično i privremeno u rujnu 2017. Bilo bi prerano za sada izvući konačne lekcije. Međutim, nekoliko činjenica je jasno. Prvo, visoka stopa samoubojstava poljoprivrednika fenomen je koji je prethodio potpisivanju ovog ugovora. Brojka samoubojstva svaka dva dana tako je spomenuta još u 2013 u studiji Instituta de veille sanitaire.

Prerano je dugoročno prosuđivati ​​o učincima CETA-e, ali gospodin Dupont-Aignan nije iznio konkretne argumente gospodinu Cohenu.

Da bismo se vratili CETA-i, pronašli smo podrijetlo podataka koje je spomenuo Patrick Cohen. Ovo su službene statistike u kojima se navodi pregled ugovora sastavljen od strane Europske unije povodom prve godišnjice sporazuma. Konkretno, navodi se da je europski izvoz voća i oraha u Kanadu u jednoj godini povećan za izvoz čokolade 29% ili 34%. To su službene carinske statistike.

Je li to sveobuhvatan pregled CETA-e? Ne. Da li te činjenice omogućuju uklanjanje strahova o posljedicama sporazuma, koje su izrazili mnogi promatrači, posebice s obzirom na okoliš ? Nema više.

Problem je u tome što se Nicolas Dupont-Aignan zadovoljio time što je odbacio brojke, koliko god bile stvarne, nazivajući ih'Propaganda', bez podupiranja njegova stajališta.

2. Otrov na govedini s kanadskim hormonima

Što je rekao

Nicolas Dupont-Aignan izjavio je da se na posljednjem poljoprivrednom sajmu u Parizu susreo s predstavnicima govedarske industrije. Prema njemu, oni osuđuju "Povećanje kanadskih kvota za meso koje stižu na francusko tlo"meso koje jest « 30 % moins chère parce que bourrée d’hormones [et de] produits interdits, (...) dangereux ».

Patrick Cohen lui a alors répondu que la viande aux hormones est interdite par l’Union européenne. "To je pogrešno! ", lui a pourtant rétorqué l’ancien candidat à la présidentielle.

ZAŠTO JE Laž

Ici, Nicolas Dupont-Aignan noircit beaucoup le trait. L’ancien candidat à la présidentielle se prévaut de l’expertise des acteurs de la filière, mais il ne semble, en réalité, pas avoir réellement compris leurs doléances.

Il est, en effet, faux d’affirmer que le Canada va importer du bœuf aux hormones : ce dernier a constitué une ligne rouge des négociateurs européens du traité, qui ont refusé ces produits. Ce que confirme aux Décodeurs du Svijet Guy Hermouet, président de la section bovins d’Interbev, l’association nationale interprofessionnelle du bétail et des viandes : « Il n’est pas possible d’importer des viandes aux hormones du Canada, c’est interdit. »

D’ailleurs, c’est justement cette interdiction qui fait qu’un faible volume de viande est, pour l’heure, importé dans le cadre du CETA : les éleveurs canadiens doivent mettre en place des filières spécifiques pour se plier aux règles européennes.

Cela dit, les éleveurs français ont plusieurs griefs à l’encontre de l’accord. D’abord, le fait que les parties nobles du bœuf sont effectivement plus chères en Europe qu’au Canada (le prix de l’aloyau est de l’ordre 13,70 euros le kilogramme contre 8,60 euros). La faute à des différences de marché (les bons morceaux sont très peu prisés des consommateurs canadiens), mais aussi à des normes parfois moins-disantes, notamment en ce qui concerne l’usage d’antibiotiques ou l’alimentation du bétail. C’est pourquoi les éleveurs européens demandent qu’il y ait « les mêmes contrôles »pour les deux types de produits.

Est-il réellement envisageable que le CETA soit amendé en ce sens ? « On sait qu’il y a des discussions là-dessus, on attend de voir… On est dans l’incertitude », souffle M. Hermouet.

En résumé, Nicolas Dupont-Aignan entendait faire écho à des craintes bien réelles des agriculteurs français, mais il s’est appuyé sur des exemples erronés, argumentant de manière caricaturale.

3. Un raccourci sur la position de Macron sur le CETA

Što je rekao

« C’est Emmanuel Macron qui avait promis de revoir le traité de libre-échange sur le CETA à la présidentielle. Il l’avait promis devant tous les Français, il ne l’a pas revu. »

C’EST PLUS COMPLIQUÉ

Emmanuel Macron s’est ouvertement déclaré favorable à l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada dès l’automne 2016. Il était d’ailleurs le seul prétendant à la présidentielle françaisesur cette ligne.

Cependant, celui qui n’était alors que candidat au second tour avait déclaré lors d’un meeting, le 1er mai 2017, entendre « les doutes et les incertitudes sur ce texte ». Il a alors promis de nommer une commission d’experts pour évaluer l’accord et promis de tirer « toutes les conclusions » de ses travaux.

Cette commission a bien été nommée en juillet 2018, deux mois après le scrutin. Neuf experts ont travaillé pendant trois mois sur le traité et ont rendu leurs conclusions, assez critiques, le 8 septembre 2018, soit seulement treize jours avant l’entrée en vigueur provisoire et partielle de l’accord. Bien trop tard, donc, pour tenir compte de leurs réserves. Le gouvernement a présenté dans la foulée un plan d’action pour améliorer le CETA, qui tient compte de ces critiques, mais n’a pas obtenu pour l’heure d’avancée significative sur ce chantier.

Le CETA ne sera, cependant, totalement appliqué que lorsque tous les Etats membres de l’Union européenne l’auront ratifié, ce qui n’est pas le cas pour l’heure – la France, notamment, ne l’a pas encore fait.

En résumé, on peut tout à fait critiquer la position du gouvernement français vis-à-vis du CETA. On peut également constater qu’il n’a, pour l’heure, pas obtenu de modification substantielle de l’accord. En revanche, on ne peut pas vraiment dire qu’Emmanuel Macron s’était engagé à le « revoir ».

Samuel Lawrence et Adrien Sénécat. SOURCE : LE MONDE